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John Galliano

John Galliano, né le à Gibraltar, est un grand couturier britannique, créateur de haute couture.

John Galliano est généralement considéré comme un couturier très talentueux, excentrique, turbulent et iconoclaste, connu notamment pour son « look » dedandy provocateur. Il est, durant plus d’une décennie, directeur artistique de Dior, marquant le milieu de la mode par ses défilés, ce qui lui vaudra, toute sa carrière, le surnom de « surdoué de la mode ». En 2011, cependant, sa carrière connaît un brusque coup d’arrêt, causé par des propos racistes et antisémites tenus sous l’influence de l’alcool. Après une période de retrait et une thérapie, il revient dans le monde de la mode à partir de 2013, collaborant avec le couturier Oscar de la Renta. En octobre 2014, il a été nommé directeur artistique de Maison Martin Margiela.

Dès son diplôme obtenu, John Galliano lance sa propre griffe en 1984. Sa première collection, Afghanistan Repudiates Western Ideals, associe les techniques traditionnelles des tailleurs aux formes et aux tissus orientaux. Il crée ainsi plusieurs collections, à Londres, mais elles obtiennent seulement un succès d’estime, car les industriels, persuadés que ses créations ne peuvent pas être réalisées dans le cadre du prêt-à-porter, ne veulent pas le suivre. Cependant, en 1987, il obtient le prix du Créateur britannique de l’année.

En 1990, il présente sa première collection à Paris. Ses finances sont au plus bas, il reçoit ponctuellement le soutien d’Alaïa. Amanda Harlech sa collaboratrice se souvient de la nuit qui a précédé son premier défilé parisien : « Nous étions frigorifiés, affamés et sans un sou en poche ». Dans son studio de la Bastille, il commence à avoir quelques clientes prestigieuses qui le font vivre comme Madonna ou l’une des plus grandes vedettes de la chanson africaine Papa Wemba qui va jusqu’à le citer dans ses titres.

Grand technicien, perfectionniste, John Galliano a une passion pour le travail du biais6, très présent par exemple dans ses collections de l’été 1993 et de l’été 1994 : « Une technique pas commode. Pourtant, une robe en biais, c’est la volupté même ; c’est comme nager dans une mer d’huile ! » C’est en admirant les robes de Madeleine Vionnet que ce technicien curieux et passionné en est venu au biais. L’influence dePoiret se fera également sentir dans ses créations quelques années plus tard, et comme Vivienne Westwood, il fera le lien entre la mode d’autrefois, certaines périodes historiques, et son époque.

Déjà affublé du qualificatif de « génie » qui le suivra toute sa carrière, il est alors en pleine ascension et veut donner une nouvelle dynamique à la maison Dior. Bernard Arnault, qui a pris la tête de LVMH depuis 1987, le nomme, en 1995 chez Givenchy, « directeur de la création du Prêt-à-porter et de la Haute-couture » et, en 1996 chez Christian Dior, « directeur de la création de la Haute-couture et du Prêt-à-porter féminin », sur les conseils d’Anna Wintour. Il succède à Gianfranco Ferré. Pour l’inauguration de l’exposition des 50 ans de la marque Dior au Metropolitan Museum of Art de New York fin 1996, la princesse Diana porte l’une des toutes premières robes signée par Galliano chez Dior. Remarquée, celle-ci va marquer le début d’un grand bouleversement de la Maison.